Le guide de la chasse de têtes

Comment préparer un entretien avec un chasseur de tête


L'entretien avec le chasseur n'est pas une formalité avant le « vrai » entretien : c'est lui qui décide si votre nom figure sur la shortlist. Voici comment le préparer.

Publié le 10 juin 2026 Mis à jour le 10 juin 2026 7 min de lecture

Cadre préparant ses notes avant un entretien dans les locaux d'un cabinet de chasse parisien

Comment préparer un entretien avec un chasseur de tête ?

Préparez quatre choses : une connaissance du cabinet et de son consultant, un récit de parcours structuré avec résultats chiffrés, un positionnement clair (poste cible, rémunération, mobilité) et vos propres questions sur le mandat. Le chasseur ne cherche pas à vous piéger : il évalue si vous êtes présentable à son client tel quel.

Cette dernière nuance change toute la préparation. Voyons pourquoi, puis comment vous y prendre, étape par étape.

Comprendre ce qu’est réellement cet entretien

Le chasseur de tête n’est pas votre futur employeur : c’est un intermédiaire mandaté, payé par l’entreprise pour livrer une shortlist de candidats fiables. Son risque professionnel, c’est vous — un candidat qui se présente mal chez le client, dont le discours change entre les entretiens ou qui se rétracte au moment de l’offre abîme sa crédibilité et ses honoraires.

Il évalue donc trois choses que l’entreprise n’évaluera pas de la même façon :

  • La cohérence : votre parcours raconté tient-il debout ? Les dates, les raisons de départ, les rémunérations annoncées résistent-elles au recoupement ?
  • La présentabilité : peut-il vous envoyer chez son client sans préparation corrective ? Clarté du discours, posture, capacité de synthèse.
  • La solidité du projet : irez-vous au bout du process ? Un candidat qui « regarde le marché » sans intention réelle lui fait perdre des semaines.

Conséquence pratique : l’entretien chasseur se prépare comme un entretien final, pas comme un échange informel. C’est l’étape la plus éliminatoire du process — la majorité des candidats approchés ne passent jamais le cap de la shortlist.

Avant l’entretien : la préparation en quatre blocs

Renseignez-vous sur le cabinet et le consultant

Dix minutes suffisent : spécialisation du cabinet (secteur, niveau de postes), parcours LinkedIn du consultant, missions publiées récemment. Vous y gagnez deux fois : vous adaptez votre niveau de détail technique (un spécialiste comprend votre jargon, un généraliste non), et vous montrez d’emblée que vous qualifiez vos interlocuteurs — un trait que les chasseurs valorisent, car leurs clients le valorisent.

Structurez votre récit de parcours

Préparez une présentation de parcours en trois minutes maximum, chronologique, où chaque étape répond à trois questions : contexte (entreprise, taille, enjeu), périmètre (équipe, budget, responsabilités), résultats (chiffrés, vérifiables). Les transitions comptent autant que les postes : préparez une raison claire et honnête pour chaque changement. Les chasseurs croisent les versions lors des prises de références ; toute embellie finit par se voir.

Complétez avec trois réalisations détaillées au format situation-action-résultat, choisies pour leur pertinence avec le poste visé. Un DSI candidat sur un poste de transformation préparera une migration réussie, pas un projet de maintenance.

Clarifiez votre positionnement

Le chasseur a besoin de réponses nettes sur quatre points, et l’hésitation sur l’un d’eux affaiblit votre dossier :

  1. Le poste cible : intitulé, périmètre, type d’entreprise. « Je suis ouvert à tout » signifie « je ne sais pas ce que je veux » — c’est disqualifiant à ce niveau.
  2. La rémunération : votre package actuel complet et votre attente, en fourchette resserrée.
  3. La mobilité : géographique, télétravail, déplacements. Soyez exact ; un revirement tardif sur ce point fait échouer des recrutements entiers.
  4. Le calendrier : préavis, disponibilité, autres process en cours. Mentionnez les process concurrents sans détailler : cela crédibilise votre valeur sans trahir personne.

Préparez vos questions

Un candidat sans questions inquiète. Interrogez le mandat (pourquoi le poste est ouvert, enjeux des 12 premiers mois), le process (étapes, calendrier, décideurs) et le contexte du client (culture, situation économique). Si vous n’avez pas encore qualifié l’opportunité lors du premier appel, faites-le maintenant — la liste complète figure dans notre guide quelles questions poser à un chasseur de tête.

Le format : visio, téléphone ou présentiel

Le premier échange se déroule presque toujours par téléphone ou en visio ; l’entretien approfondi, de plus en plus souvent en visio également, parfois dans les locaux du cabinet pour les postes de direction. Quelques règles de forme qui pèsent plus qu’on ne le croit : un cadre neutre et un environnement silencieux en visio (l’entretien passé depuis une voiture ou un open space envoie un signal de désinvolture), une tenue alignée sur les codes du poste visé, et vos documents sous la main — CV à jour, chiffres clés de vos réalisations, prétentions écrites. En présentiel, la ponctualité s’entend à cinq minutes près : le chasseur note tout ce que son client noterait.

Pendant l’entretien : ce que le chasseur regarde vraiment

Au-delà des réponses, le consultant observe des signaux que les candidats sous-estiment :

  • La capacité de synthèse. Répondre en 90 secondes structurées vaut mieux que cinq minutes exhaustives. Les dirigeants et cadres supérieurs sont précisément évalués là-dessus : chez le client, ils devront convaincre un CODIR pressé.
  • L’équilibre entre confiance et lucidité. Le chasseur teste vos zones de fragilité — un échec, un trou, un départ contraint. La bonne réponse assume les faits et montre ce que vous en avez tiré. La mauvaise les nie ou accuse les autres.
  • La loyauté de ton envers vos employeurs. Critiquer durement son entreprise actuelle est un signal rouge universel : le chasseur entend ce que vous direz de son client dans deux ans.
  • La constance. Vos réponses d’aujourd’hui seront comparées à celles du premier appel et à celles que vous donnerez chez le client. La cohérence se prépare ; c’est l’avantage décisif du candidat qui a fait le travail en amont.

Parler rémunération sans se pénaliser

Le sujet arrive toujours, et tôt. Trois règles d’or :

Dites la vérité, en package complet. Fixe, variable atteint (pas seulement cible), intéressement, avantages valorisés. Le chasseur connaît les grilles — sur les fonctions marketing franciliennes par exemple, les fourchettes par niveau sont parfaitement documentées — et toute exagération détectée clôt la relation.

Exprimez une attente en fourchette resserrée, justifiée par le marché et le périmètre du poste, pas par vos besoins personnels. « Entre 95 et 105 selon le variable et le périmètre » est audible ; « au moins 20 % de plus » ne l’est pas.

Faites de l’asymétrie un échange. Vous donnez votre package : demandez la fourchette budgétée du poste. Un chasseur sérieux la connaît et la partage — c’est aussi son intérêt de ne présenter que des candidats compatibles.

Après l’entretien : les 48 heures qui consolident

Trois gestes simples terminent le travail. Envoyez un message bref le jour même ou le lendemain : remerciement, confirmation d’intérêt (ou retrait clair et motivé — un retrait propre est aussi apprécié qu’une candidature). Transmettez ce qui a été promis — CV actualisé, références, éléments chiffrés — sous 48 heures : la réactivité est notée. Demandez le calendrier et tenez-vous-y : relancer une fois passé le délai annoncé est professionnel ; relancer trois fois avant est contre-productif.

Et si la réponse est négative ? Demandez un retour franc et restez courtois : le vivier des cabinets a de la mémoire, et le candidat écarté aujourd’hui est régulièrement rappelé sur la mission suivante. C’est d’ailleurs l’un des meilleurs canaux pour se faire chasser durablement : chaque entretien réussi avec un cabinet, même sans embauche, augmente la probabilité du prochain appel.

Questions fréquentes


Comment préparer un entretien avec un chasseur de tête ?

Renseignez-vous sur le cabinet et le consultant, clarifiez votre parcours en résultats chiffrés, préparez un positionnement net (poste cible, périmètre, rémunération, mobilité) et trois exemples de réalisations structurés. Préparez aussi vos propres questions : le chasseur évalue autant votre exigence que vos réponses.

Que demande un chasseur de tête en entretien ?

Votre parcours et les raisons de chaque changement de poste, vos résultats chiffrés, votre périmètre exact (équipe, budget), votre rémunération actuelle et vos attentes, vos motivations de départ et votre projet. Il évalue aussi la cohérence du discours, la posture et la compatibilité avec la culture de son client.

Faut-il dire son salaire à un chasseur de tête ?

Oui. Le chasseur vérifie la compatibilité avec le budget de son client et connaît les grilles du marché : une dissimulation ou une exagération se détecte et vous discrédite. Donnez votre package complet (fixe, variable, avantages) et vos attentes, puis demandez la fourchette du poste en retour.

Combien de temps dure un entretien avec un chasseur de tête ?

Comptez 45 minutes à 1 h 30 pour un entretien approfondi, précédé souvent d'un appel de qualification de 15 à 30 minutes. Pour les postes de direction, certains cabinets ajoutent un second entretien, des tests d'évaluation ou une prise de références avant de présenter le candidat au client.

Comment se passe la suite après l'entretien avec le chasseur ?

Si votre profil est retenu, le chasseur rédige une note de présentation et vous inscrit sur la shortlist remise au client, généralement sous une à trois semaines. Suivent les entretiens avec l'entreprise, que le chasseur orchestre. S'il ne vous retient pas, demandez un retour : vous restez dans son vivier pour les missions futures.

Décrivez votre besoin

Un expert du recrutement de votre métier vous recontacte sous 48 h. Gratuit et confidentiel.

Type de besoin

Vos coordonnées ne sont transmises qu’aux cabinets pertinents pour votre besoin. Politique de confidentialité.